Semaine européenne
de la réduction des déchets

Vous êtes ici

Édition en cours de la SERD : du 19 au 27 novembre 2022

Les demandes de labellisations sont closes. 

SERD 2022 : le textile

Les habits et les chaussures ont toujours fait partie de notre vie et de celles de toutes les civilisations qui ont traversé les siècles. Chaque période, chaque culture, chaque partie du monde a ses propres codes vestimentaires.

Petit à petit, les cultures, comme celle du coton, s’intensifient, de nouvelles matières apparaissent, de nouveaux procédés de teinture et de traitement voient le jour. Souvent, nos vêtements ont voyagé plus que nous… Et tout cela a un impact sur notre environnement.

Leur fabrication nécessite des matières premières et l’ensemble de leur cycle de vie est source d’impacts cumulés : consommation d’eau, émissions de gaz à effet de serre, consommation de terres agricoles et ressources, usages de produits chimiques et pollution qu’ils engendrent, impacts sociaux et sanitaires, relarguage de fibres plastiques dans les eaux etc.

Cette fabrication nécessite beaucoup d’étapes qui sont toutes impactantes pour l’environnement : la fabrication des matières (synthétique comme le polyester, artificielle comme la viscose ou naturelle), la transformation en fil, le tricotage ou le tissage, la confection, la teinture et les finitions. Ces étapes sont gérées par l’industrie textile en majorité hors de l’union européenne.

Les marques quant à elles choisissent leurs fabricants et fournisseurs, élaborent leurs collections, choisissent comment distribuer leurs produits. Puis le consommateur achète, entretient et conserve ou se défait de ses vêtements.

Aujourd’hui, l’industrie du textile est l’une des plus polluantes au monde.

Jusqu’à 4 milliards de tonnes de CO2. C’est la quantité mondiale de tonnes de gaz à effet de serre émise par l’industrie textile chaque année pour les vêtements et les chaussures. Son impact est plus important que les vols internationaux et le trafic maritime réunis.

  • 40 % de vêtements achetés en plus par an par rapport à il y a 15 ans. Leur utilisation a réduit de 1/3 par rapport à il y a 15 ans (What consumers need to know © European Union, 2019). 
  • 285 douches.C’est l’équivalent du volume d’eau nécessaire à la fabrication d’un jean, soit en moyenne 9 000 litres.
  • L'industrie textile est responsable de 20 % de la pollution des eaux industrielles.
  • Chaque français achète environ 9,5 kg de vêtements, chaussures et linge de maison par an.
  • 240 000. C’est la quantité mondiale, en tonnes, de microparticules de plastique relâchées dans les océans chaque année dans le monde générées par l’entretien de nos vêtements synthétiques.
  • 70 % des fibres synthétiques produites dans le monde proviennent du pétrole.
  • Aujourd’hui, moins de 1 % des tissus qui composent nos vêtements sont recyclés pour en faire de nouveaux.

Retrouver les sources de ces données sur le guide "Le revers de mon look".

L’industrie textile à un impact environnemental lourd qui s’aggrave avec le phénomène fast/ultra fast fashion. Sans toujours nous en rendre compte, nous achetons et accumulons des tas de vêtements et textiles, dont beaucoup ne sont jamais utilisés. Nombreux sont les textiles qui sont abandonnés, jetés ou détruits sans pouvoir être valorisés, réemployés, réutilisés et recyclés.

On parle beaucoup des chiffres du gaspillage alimentaire et pourtant, ceux de la mode et du textile sont tout aussi alarmant ! Et c’est pourquoi la coordination européenne de la SERD a choisi de s’engager pour sa nouvelle édition, en faveur d’un secteur textile circulaire et responsable.

La Semaine européenne de la réduction des déchets explorera pour sa campagne 2022, l'impact que le secteur textile a sur notre planète. Elle incitera non seulement les citoyens en tant que consommateurs à agir, par exemple en changeant leur façon d'utiliser ou de consommer des vêtements, mais aussi les pouvoirs publics, les entreprises et les associations à être les acteurs de la transition vers une industrie textile plus responsable qui cherche à promouvoir, soutenir et innover en faveur de nouvelles solutions de fabrication, de production, de réutilisation et de recyclage des textiles.

Réduire, faire le tri et prolonger la durée de vie, prendre conscience de ce que l’on possède, mesurer les impacts induits et s’interroger sur ce qui est vraiment utile, c’est un premier pas vers un modèle de consommation plus sobre et écologique. La SERD va promouvoir pendant sa campagne les 4 principes clés de l’ADEME pour améliorer l’impact environnemental de la filière textile.

  • consommer moins mais mieux ;

Cela passe par la prise de conscience de ce que nous possédons déjà. Mais aussi en faisant le choix d’une meilleure consommation grâce aux étiquettes qui nous guident, grâce à des labels comme l’Ecolabel européen, en privilégiant des vêtements de qualité qui vont durer plus longtemps, en choisissant des marques engagées qui n’incitent pas à la surconsommation, en se questionnant sur la performance environnementale des matières : matières synthétiques recyclées, matières naturelles de type lin, chanvre, coton biologique ou laine locale, matières artificielles de type Tencel® . 
Les jeans bruts, non délavés ou avec des procédés de délavage moins consommateurs d’eau (laser, ozone) sont aussi à privilégier. Renseignez-vous également sur les pays de fabrication, en effet, les normes environnementales et sociales sont très différentes selon les régions du monde. 

  • développer l’écoconception ;

Il s’agit de concevoir une offre de produits plus respectueux de l’environnement. Pour ce faire, la première étape consiste à diagnostiquer les impacts environnementaux sur l’ensemble du cycle de vie, depuis le choix des matières, suivi de la fabrication (transformation en fil, tissage/tricotage, confection, teinture/ennoblissement), du transport, mais encore sur l’usage par les consommateurs. Cette démarche se poursuit par de nouveaux choix notamment de matières ou de procédés fabrication pour réduire les impacts environnementaux. Il peut s’agir aussi de concevoir des produits plus facilement réparables ou recyclables, de diminuer le rythme des collections tout en veillant à la réduction de la quantité d’invendus.

  • allonger la durée de vie ;

Allonger la durée de vie grâce à la réparation. Les tutoriels de couture disponibles sur le web sont nombreux. Entretenir et nettoyer avec soin ses textiles permettra de les maintenir le plus longtemps possible. A savoir, il n’est pas nécessaire de laver son pull en laine après chaque utilisation. Opter pour la customisation, transformera des vêtements démodés en nouvelles pièces. Enfin, une solution largement répandue : le don ou la revente dans des boutiques de dépôt vente ou sur les sites web dédiés afin de leur donner une seconde vie. 

  • développer le recyclage.

Plutôt que de jeter ses vêtements à la poubelle d’ordures ménagères, utiliser un des nombreux points de collecte (les trouver sur le site Refashion). Tous les articles mêmes abimés peuvent alors être réutilisés ou recyclés, à condition qu’ils soient déposés propres et secs. 56,5% des textiles et chaussures déposés dans ces points de tri seront réutilisés et 43,1% seront recyclés par exemple en isolant thermique pour la rénovation énergétique des bâtiments. De nombreuses innovations liées au tri et au recyclage des textiles se développent actuellement pour élargir les débouchés du recyclage.

Découvrez des idées d'animation sur le thème du Textile !